Les élections de mi-mandat américaines pourraient raviver les risques budgétaires

Les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre pourraient bouleverser considérablement l’équilibre politique à Washington. Pour les investisseurs, ce n’est pas tant le résultat des élections en lui-même qui est déterminant, selon George Brown, économiste senior spécialisé dans les États-Unis chez Schroders. Ce qui importe davantage, c’est ce qui se passera après les élections de mi-mandat : un changement dans les rapports de force à Washington pourrait entraîner des négociations budgétaires plus tendues, un contrôle politique accru sur les secteurs sensibles et de nouvelles tensions autour de la politique commerciale.

Les élections de mi-mandat américaines sont traditionnellement considérées comme un verdict concernant le président en exercice. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le parti du président a perdu des sièges à la Chambre des représentants lors de presque toutes les élections de mi-mandat. Lors des premières élections de mi-mandat de Donald Trump en 2018, les républicains avaient également perdu beaucoup de terrain. M. Brown souligne que la majorité actuelle à la Chambre des représentants est à nouveau particulièrement faible.

Une Chambre vulnérable, un Sénat plus complexe

La situation est différente au Sénat. Seul un tiers environ des sièges est renouvelé et les rapports de force politiques locaux y pèsent plus lourd que le climat politique national. Les démocrates doivent gagner quatre sièges nets tout en défendant leurs sièges actuels. Selon Schroders, la Caroline du Nord et le Maine, entre autres, font partie des États qui pourraient jouer un rôle à cet égard.

Quoi qu’il en soit, il est presque certain que les républicains perdront en novembre leur « trifecta » (le contrôle combiné de la Maison-Blanche, de la Chambre des représentants et du Sénat). Un Congrès divisé reste le scénario le plus probable, mais les rapports de force au Sénat sont si serrés qu’une victoire démocrate totale ne serait guère une surprise.

Pour les investisseurs, cette distinction est importante, car elle aura une incidence sur l’intensité des conflits budgétaires et la surveillance des secteurs au cours des deux prochaines années.

La Chambre des représentants changera probablement de couleur, mais la bataille pour le Sénat reste ouverte.

Source : The American Presidency Project, Macrobond, Schroders Economics Group, 21 août 2026.

Une ou deux chambres démocrates ?

Si les démocrates contrôlent la Chambre des représentants, ils pourront, selon M. Brown, bloquer les projets de loi de l’administration Trump, lancer des enquêtes et orienter plus fermement le débat politique. Un Sénat républicain offrirait en même temps une protection à la Maison-Blanche contre des mesures plus radicales.

Le contrôle des deux chambres renforcerait les possibilités de contrôle. Les démocrates auraient alors davantage d’influence sur les enquêtes, les nominations et les secteurs politiquement sensibles. Trump conserverait toutefois son droit de veto et des pouvoirs exécutifs considérables. Même dans ce scénario, selon M. Brown, la politique serait davantage freinée qu’elle ne changerait fondamentalement d’orientation.

L’impasse politique pourrait précisément alourdir le budget

Le plafond de la dette américaine constituera un point d’attention majeur. La dette fédérale dépasse les 40.000 milliards de dollars et M. Brown s’attend à ce que la « date X » — moment où, sans relèvement du plafond, le ministère des Finances ne pourra plus honorer pleinement ses engagements — se profile vers le milieu de l’année 2027.

Un Congrès divisé n’est pas pour autant synonyme de discipline budgétaire. Les républicains souhaitent une augmentation des dépenses de défense, tandis que les démocrates veulent revenir sur les coupes dans Medicaid prévues par le « One Big Beautiful Bill » de Trump. Selon les calculs de Schroders, un compromis permettant aux deux partis d’obtenir en partie ce qu’ils souhaitent pourrait accroître le déficit budgétaire d’environ 1 % du PIB.

Pour les bons du Trésor, cela pourrait entraîner une évolution en deux phases. Une marge de manœuvre réduite pour de nouvelles dépenses pourrait initialement exercer une pression à la baisse sur les taux d’intérêt. À l’approche des négociations sur le plafond de la dette, la tendance pourrait s’inverser si les investisseurs exigent une prime plus élevée pour compenser les risques budgétaires croissants.

Les divisions politiques pourraient déboucher en 2027 sur une confrontation à propos du plafond de la dette.

Source : Macrobond, Schroders Economics Group, 21 août 2026.

Des différences surtout entre les secteurs

En ce qui concerne les actions, M. Brown s’attend à ce que la composition du Congrès ait moins d’importance pour l’ensemble du marché que la croissance économique, les bénéfices des entreprises, l’inflation et les taux d’intérêt. L’effet pourrait toutefois être plus visible d’un secteur à l’autre.

Le contrôle de l’une ou des deux chambres permettrait aux démocrates de mener des enquêtes et organiser des auditions. Les secteurs politiquement sensibles, tels que l’énergie, la santé et la technologie, pourraient ainsi faire l’objet d’une surveillance accrue. Schroders constate, à la lumière des données historiques du marché, que ces secteurs ont régulièrement réagi aux changements dans les anticipations concernant les rapports de force au Sénat.

Les élections de mi-mandat revêtent surtout une importance au niveau sectoriel pour les actions, et moins pour le marché dans son ensemble.

Source : Macrobond, Schroders Economics Group, 21 août 2026.

Lire aussi : US midterms : can the Democrats retake both houses, and what would that mean for investors ? par George Brown, économiste senior spécialisé dans les États-Unis chez Schroders.

Contact presse

Wim Heirbaut

Press and media relations, BeFirm

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