Investissements multi-actifs : la perturbation des approvisionnements énergétiques pourrait persister plus longtemps qu’attendu

L'équipe de gestion multi-actifs de Schroders reste positive à l’égard des actions, mais la perturbation des approvisionnements énergétiques causée par le conflit au Moyen-Orient pourrait persister plus longtemps qu’attendu selon Patrick Brenner, Directeur des investissements multi-actifs chez Schroders.

Nous avons eu raison de maintenir notre surpondération des actions malgré l’incertitude géopolitique observée ces dernières semaines, mais nous devons reconnaître que la perturbation des approvisionnements énergétiques sera probablement plus persistante qu’on ne le pensait au début du conflit au Moyen-Orient. Dans le même temps, les bénéfices des entreprises se montrent résilients et, lorsque nous modélisons l’impact de la hausse des prix de l’énergie, nous constatons d’importantes divergences régionales, les États-Unis étant relativement peu affectés tandis que l’Europe et l’Asie sont plus vulnérables.

Le mois dernier, l’équipe multi-actifs de Schroders a pris des bénéfices sur son exposition globale aux matières premières alors que les prix de l’énergie s’envolaient. La situation du marché pétrolier reste très binaire et dictée par les événements géopolitiques. Il nous est donc très difficile de nous positionner à ce niveau de prix. Conscients du risque de perturbations prolongées, nous avons décidé d’initier une position longue sur les matières premières agricoles, dont les prix n’ont pas réagi jusqu’à présent. Les effets saisonniers soutiennent en effet la dynamique de l’offre et de la demande, et la hausse des prix de l’énergie et des engrais devrait avoir un effet décalé. Nous maintenons notre position longue sur l’or ; tout en prenant acte de sa corrélation accrue avec les actions, nous restons d’avis que le métal jaune offre une meilleure exposition défensive que les emprunts d’État compte tenu de nos inquiétudes quant à la soutenabilité de la dette à long terme.

Les obligations ne sont plus fortement valorisées

Après la réévaluation accélérée des anticipations concernant les taux, les valorisations des obligations à l’aune de notre modèle de juste valeur ne sont plus onéreuses, ce qui élimine l’un des principaux facteurs expliquant notre positionnement négatif à l’égard des emprunts d’État ces six derniers mois. Parallèlement, la répartition des risques macroéconomiques a évolué. Alors qu’auparavant nos scénarios de risque étaient fortement orientés vers l’inflation sans réel risque de récession, nous observons désormais un scénario plus équilibré entre inflation et croissance. Dans ce contexte, nous avons clôturé notre position courte sur les emprunts d’État. Sur le plan géographique, nous maintenons notre sous-pondération des obligations américaines sachant que l’économie reste relativement plus résiliente aux États-Unis, mais rehaussons notre opinion sur les obligations européennes, notamment les BTP, dans la mesure où les anticipations actuelles de hausse des taux nous semblent excessivement agressives. Le coussin issu du portage nous semble suffisamment important pour permettre d’absorber la volatilité actuelle, d’autant plus que les risques macroéconomiques sont désormais plus équilibrés qu’auparavant. Nous restons sous-pondérés sur les obligations Investment Grade aux États-Unis. Le niveau actuel des spreads offre en effet peu de protection contre les risques de stagflation et l’accroissement des volumes d’émission.

Actions : penchant en faveur des États-Unis et de la technologie

Les valorisations des actions se sont légèrement améliorées, les cours n’ayant pas augmenté au même rythme que les bénéfices. Compte tenu des incertitudes liées aux bouleversements géopolitiques et technologiques, nous jugeons cet ajustement approprié mais anticipons de nouveaux gains des actions sous l’effet des bénéfices. Nous conservons une prédilection pour les États-Unis et la technologie, compte tenu du caractère plus favorable des tendances bénéficiaires les concernant. Afin de diversifier notre exposition au risque, nous avons également renforcé ce mois-ci nos positions en actions britanniques et canadiennes en raison de leur exposition plus importante au secteur de l’énergie.

Nous abaissons notre opinion vis-à-vis du dollar américain de positive à négative, en reflet du ton relativement accommodant de la Réserve fédérale (Fed). Nous restons positifs à l’égard de la dette émergente en monnaie locale et avons relevé notre opinion sur le yen.

Dans l’ensemble, notre scénario de référence reste celui d’une croissance nominale positive, soutenue par les dépenses publiques, les investissements stratégiques dans la défense et la résilience des chaînes d’approvisionnement. Cela nous conduit à continuer de privilégier les actions, bien que nous reflétions les risques accrus que les perturbations au Moyen-Orient font peser sur la croissance en neutralisant notre sous-pondération des emprunts d’État et en adoptant une position longue sur les marchés actions des matières premières agricoles et de l’énergie.

Vous trouverez un aperçu détaillé du positionnement de Schroders sur les différentes classes d'actifs ici.

Patrick Brenner

Contact presse

Wim Heirbaut

Press and media relations, BeFirm

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