Investir en période de crise : pourquoi la discipline fait toute la différence

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Les tensions géopolitiques, l’inflation galopante et la volatilité des marchés mettent de plus en plus souvent les investisseurs sous pression. Mais selon Joven Lee, stratège multi-actifs chez Schroders, le plus grand risque ne réside pas dans la volatilité elle-même, mais dans l’abandon d’un processus d’investissement cohérent. C’est précisément en période d’incertitude que les marchés s’avèrent moins prévisibles que ne le supposent de nombreux investisseurs et que la diversification fonctionne différemment de ce que la théorie suggère.

Lorsque les marchés sont sous pression, la tentation d’agir rapidement grandit. Les fluctuations brutales des cours, les chocs géopolitiques et un flux constant d’informations donnent l’impression qu’une action immédiate s’impose. Selon Joven Lee, stratège multi-actifs chez Schroders, c’est précisément là que réside le danger. Pour les investisseurs fondamentaux, la réussite en matière d’investissement ne consiste pas à réagir rapidement, mais à s’en tenir à un processus solide et discipliné.

Les marchés suivent rarement le scénario prévu

En période d’agitation géopolitique, les investisseurs s’attendent généralement à un schéma familier : les obligations d’État américaines enregistrent une hausse en tant que valeur refuge, les matières premières s’apprécient en raison de craintes de perturbations de l’offre et le dollar gagne du terrain. En théorie, la diversification devrait servir d’amortisseur au sein des portefeuilles.

Selon Schroders, ces hypothèses sont toutefois moins fiables qu’on ne le pense souvent. Les relations entre les différentes classes d’actifs s’avèrent beaucoup plus dynamiques et moins prévisibles, surtout en période de crise. Les corrélations – la mesure dans laquelle les actifs évoluent de concert – changent souvent bien avant que les turbulences du marché n’atteignent leur paroxysme. Les tendances qui se maintiennent en période de stabilité peuvent rapidement s’estomper, voire s’inverser complètement, en période de crise.

Selon Lee, l’investissement tient davantage de l’art que d’une science exacte. Aucune classe d’actifs ne se comporte de la même manière en cas de crise. La capacité de certains placements à offrir une protection dépend fortement de la nature du choc : s’agit-il essentiellement d’un ralentissement de la croissance, d’inflation ou d’une combinaison des deux ?

Même les valeurs refuges se comportent de manière volatile

Les tensions actuelles au Moyen-Orient illustrent cette dynamique. Alors que l’or est traditionnellement considéré comme une valeur refuge, son cours a au contraire fortement chuté en mars 2026. Selon Schroders, cela s’explique par le fait que les craintes inflationnistes ont pris le pas sur la fonction (géopolitique) de l’or comme protection.

D’autres valeurs refuges classiques s’avèrent également moins constantes qu’on ne le pense souvent. Dans certaines crises, les matières premières ou l’or peuvent au contraire présenter une corrélation positive plus forte avec les actions, ce qui réduit l’avantage de la diversification au moment même où les investisseurs en ont le plus besoin. La même dynamique s’applique aux obligations d’État et au dollar. Les analyses réalisées par Schroders sur sept événements géopolitiques majeurs survenus entre 2001 et 2025 montrent que les corrélations entre les investissements lors de différents conflits géopolitiques peuvent parfois même évoluer dans le sens inverse. Selon Lee, cela souligne qu’il n’existe pas de scénario universel pour les crises géopolitiques.

Aucune crise ne se déroule de manière identique

Cette différence s’explique par le fait que chaque crise a des conséquences économiques différentes. Certains chocs affectent principalement la croissance, comme la crise de la dette européenne de 2011. D’autres crises sont alimentées par des perturbations du côté de l’offre, comme les problèmes rencontrés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales après la pandémie de coronavirus, ou par des craintes inflationnistes, comme les effets des droits de douane américains. De nombreuses crises comportent en outre des éléments de tous ces facteurs à la fois.

C’est pourquoi les moyennes peuvent induire les investisseurs en erreur, selon Schroders. Les tendances historiques n’offrent qu’un point de repère limité, car les résultats varient considérablement d’un événement à l’autre. C’est précisément cette grande diversité de scénarios possibles qui, selon Lee, caractérise les marchés financiers. L’incertitude n’est donc pas une exception, mais une composante structurelle de l’investissement. Selon Schroders, le fait que les corrélations se comportent différemment à chaque fois ne signifie pas l’échec de la diversification. Cela reflète surtout la complexité et la variabilité des risques auxquels les investisseurs sont confrontés.

C’est précisément pour cette raison que la discipline reste primordiale

Selon Lee, cette conclusion conduit à une vérité dérangeante : la diversification reste essentielle, mais son comportement à court terme est bien moins prévisible que ne le pensent de nombreux investisseurs. Les corrélations changent rapidement et souvent en fonction de la nature du choc, et non de la classe d’actifs elle-même. Pourtant, selon Schroders, voilà précisément un argument en faveur de la diversification, et non contre. Si les relations entre les investissements étaient totalement stables et prévisibles, les investisseurs pourraient facilement miser sur un seul scénario. En l’absence de cette certitude, un portefeuille largement diversifié est encore et toujours de mise.

C’est pourquoi, selon Lee, un processus d’investissement discipliné est crucial. Les tentatives visant à adapter en permanence les portefeuilles aux évolutions géopolitiques s’avèrent souvent contre-productives dans la pratique. Les investisseurs courent le risque d’acheter une protection après que les marchés ont déjà évolué, ou de réduire leur exposition au risque après que la plus forte baisse des cours s’est déjà produite, ce qui revient en fait à cristalliser leurs pertes.

Un bon processus d’investissement tient justement compte de cette incertitude. Cela ne signifie pas qu’il faille ignorer les nouvelles informations, mais bien que les investisseurs doivent faire la distinction entre les changements fondamentaux et la volatilité passagère. Selon Schroders, les chocs géopolitiques exigent une analyse minutieuse, mais rarement une révision stratégique intégrale. Selon Lee, les moments où les investisseurs sont le plus enclins à abandonner leur processus sont souvent précisément ceux où la discipline revêt le plus d’importance.

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Contact presse

Wim Heirbaut

Press and media relations, BeFirm

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